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Coup de pute
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avatar14e Déesse de Camorr • Neutre impure
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Âge : Cinquante-trois ans.
Statut : Gériatrie de la prostitution.
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Particularités : Coureuse de jérémites, vieille comme Therim Pel et rousse.
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Message(#) Sujet: Coup de pute Mer 30 Mar - 1:15


coup de pute

ohana signifie famille



Date du sujet : 531 (76e année de Sendovani)
Lieu : Les Traquenards (maison-mère des Muguettes)
Moment de la journée : Faux-jour
Conditions météorologiques : Doux, temps dégagé
Participants : Norah Amino, Desdemona l'Oblique, Muguettes (PNJ)
Statut du sujet : Privé.
Court résumé : Lors d'une visite de courtoisie, Norah apprend à l'Oblique qu'elle a laissé partir sa fille, Cybèle, avec le père de l'enfant, Idriss, loin de Camorr.

Je ne souhaite pas une intervention intempestive du maître de jeu dans ce sujet et je suis conscient que ce choix ne sera peut-être pas respecté.





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Message(#) Sujet: Re: Coup de pute Mer 30 Mar - 1:17

Les Traquenards sont pleins de belles-de-nuit. Elles ont toutes les tailles, toutes les formes. Elles sont des sœurs, des filles, des mères – quelques unes sont des épouses. Sur le visage, des rictus s'effarouchent. On voit plus de peau, de sein, de graisse, que d'âme. Elles vendent quelques heures sans préférence pour une couche bien chaude ou le porche d'une auberge. Les Traquenards sont pleins de ces menteuses, jolies choses, bandits en robe et en jupon. Voilà pourquoi Mona se sent si bien parmi elles, à cavaler dans les ruelles sinueuses, à enjamber les rigoles de pisse et les flaques d'eau croupie. A chaque recoin, chaque porte entrouverte et chaque volet entrebâillé, de petits yeux, des globes illuminés du même éclat que le sien, lui sourient en silence.  Camorr a toutes ces putains pour poumons et, d'appartenir à ce monstre soupirant, l'Oblique trottine dans les venelles avec l'allure excentrique d'un prince qui contrôle ses frontières. Tout est à sa place. Au soir comme c'était au matin, pendant qu'elle somnolait sur des coussins miteux, dans un trou agréable des Docks, les Traquenards transpirent leur certitude, leur immobilisme, leur éternité. C'est le faux-jour. Il y a peu de verre d'antan, par ici – les Eldrens n'avaient pas, pour cette île, plus de considération que n'en ont depuis les puissants – et, cependant, on sent la chaleur de sa lumière, l'air frais qui tranche quand il dévale les canaux depuis la mer et cette humidité saline qui prévient de la nuit. Et c'est la nuit pour les bonnes gens. C'est le jour pour les Gens Bien. Rien d'autre n'aurait pu tirer Mona de sa tanière, si tôt. Parce qu'il est tôt, que le marin n'est pas encore saoul, que le Veste Jaune n'est pas encore rentré et que les filles, toutes les filles, n'ont pas commencé à se taire. Le frémissement des bas-fonds fait tout un concert pour la vieille pute. Elle chantonne un air de bonheur, une légèreté qui ne lui va pas très bien. Elle trompe son angoisse en respirant la tranquillité de la ville.

Au bordel elle appartient. Au bordel elle entre. Ce n'est pas le sien. Mona est une dockeuse et, s'il n'est pas interdit de louvoyer parmi les Muguettes, elle fraye un long moment dans la pièce principale. L'Oblique n'est pas une étrangère. Elle peut nommer la plupart des filles sur lesquelles elle pose les yeux et, en retour, elles lui adressent un mouvement du menton, une oeillade soutenue ou une indifférence convenue. L'endroit est rempli par les odeurs, les fumées, les vapeurs. En vérité, on respire aussi difficilement que dans certaines venelles de Fumehouille. Une vilaine toux s'extirpe de la gorge et elle se tient longtemps les reins. En s'appuyant la paume sur une petite table branlante, elle remarque qu'on ne fait pas attention à elle. Si la vieille Desdemona est là, alors que les hostilités nocturnes n'ont pas encore débuté, c'est qu'elle est visiteuse. L'interrompre, la détourner ou même l'orienter serait s'attirer une volée de mots, quelques jurons fleuris et des explications insoutenables dans le temps... Qui voudrait s'infliger un tel calvaire ? On la laisse se trainer, capter quelques gorgées à un verre qui traîne là, lorgner après les jeunes poitrines, d'envie et de haine. Lorsqu'elle est abattue par ces constatations, l'Oblique s'enfonce plus profond dans la bâtisse, où les poutres lui frôlent le sommet du crâne et qu'on n'y voit aussi clair que dans le cul de... « Norah ! » La jolie catin lui tourne le dos. Elle est sublime. On voudrait tailler dans le haut de ces cuisses, solides et magnifiques. Les regards s'y accrochent comme les bestioles cherchent le soleil, et cette petite fureur est étouffée par une étreinte brutale. Mona presse la môme contre elle. Elle est grande, Norah. Et c'est une femme. Cette qualité puérile est une protection que l'Oblique lui offre contre elle-même. Aussi longtemps que c'est une enfant, elle ne peut pas tout à fait haïr ou sa jeunesse ou sa beauté. « Je te cherchais, soupire-t-elle comme au terme d'une expédition. » Frénétiquement, elle embrasse les joues, plaque sa main sur le front. « Tu vas bien ? Tu as l'air. Oui. Ravissante. » Malgré l'empressement, la bile s'entend. La dockeuse s'installe sur un coin de tissus. « Je suis exténuée. On dirait qu'un régiment a fait la fête de mes entrailles et que je dois encore restaurer le bataillon ennemi... » Un rictus tiède flotte sur les lèvres. « Enfin, je ne vais pas me plaindre. » Certes non. « Comme on dit dans le métier : tant qu'on tient debout, on tient à genoux. »

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Message(#) Sujet: Re: Coup de pute Mer 6 Avr - 16:28

Il faut bien se préparer, il faut bien continuer à vivre. Le cœur lourd et l’âme déchirée ne rapportent rien, et continuer de se morfondre n’est pas envisageable. La rumeur lointaine du bordel lui parvient de sa mansarde qu’elle occupe, les rires comme les chicane, la rumeur des conversations des putains qui se préparent à leur nuit de labeur. Ses gestes sont mécaniques quand elle tire de la malle corsage et jupons, et les mains s’activent à lasser les vêtements autour du buste et des hanches. Mais, elle tremble et elle doit s’y reprendre plusieurs fois pour qu’enfin le vêtement épouse sa poitrine correctement, si bien qu’elle s’affaire encore avec ses bas quand Mona entre dans la pièce. « Norah ! » Ca lui prend un bref instant pour se composer une expression convaincante : si l’Oblique n’y prête pas trop attention, sûrement qu’elle ne remarquera pas son regard désemparé ni ses gestes fébriles et quand la putain se retourne, elle offre un visage souriant à son aînée. Elle s’oblige à ravaler ce trop-plein d’émotions et de prendre sur elle : Mona ne doit pas savoir. Norah ne peut pas assumer face à sa mère de cœur que Cybèle est partie, elle ne sait pas où, avec son père et qu’elle ne sait pas quand elle pourra la revoir. Elle peine déjà l’admettre, alors devoir affronter cette réalité et la colère, la déception et toutes ces choses que Mona lui balancera sans limite à la figure. Pourtant, elle s’abandonne dans l’étreinte aussi brève que puissante que lui offre la putain, et profite du bref moment où elle peut plonger son visage dans le cou de l’autre, comme avant. Mais très vite, Mona s’agite, et parle sans jamais s’arrêter. « Je te cherchais. Tu vas bien ? Tu as l'air. Oui. Ravissante. » Mona pose les questions et fait les réponses, ça lui évite de devoir parler et de s’entendre, ce mensonge par omission lui convient parfaitement pour l’heure. « Mona, ça va ? », interroge néanmoins la jeune femme, soucieuse. « Je suis exténuée. On dirait qu'un régiment a fait la fête de mes entrailles et que je dois encore restaurer le bataillon ennemi... Enfin, je ne vais pas me plaindre. Comme on dit dans le métier : tant qu'on tient debout, on tient à genoux. » Norah scrute longtemps Mona, à la recherche de ce qui la trouble, sans jamais mettre le doigt dessus. Elle sent comme pour le toucher le malaise qui anime Mona. L’image de la catin lui fend le cœur. Elle est belle, Mona, est probablement qu’elle le restera toujours aux yeux de sa protégée, quand bien même ce n’est plus tout à fait vrai. Alors, elle tente un sourire quand elle lui répond un peu brusquement « C’est une impression, t’as pas connu de bataillon depuis un moment. » Ce n’est pas de la méchanceté gratuite ni de l’affront. C’est de bonne guerre (et de toute façon, Mona ne se prive jamais). « Tu voulais quelque chose ? C’est rare que tu te traines jusqu’ici. » Norah s’est détournée et prend un temps infini pour achever ses préparatifs. Ca lui permet de rester encore un moment dos à Mona et ça évite que celle-ci la détaille et ne remarque quelque chose. Norah le sait, elle est un livre ouvert et son visage trahi la moindre de ses émotions. Et si elle est encore à moitié nue devant la femme, aucune gêne ne survient jamais : la pudeur est un luxe que les putains ne s’accordent pas. Et face à celle qui a été son mentor, Norah n’a que de très rares secrets. « J’ai rien pour toi, j’te préviens. »

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bien sur qu'ils mentent comme ils respirent quand ils se jurent des avenirs car ils savent trop bien ce que l'amour ici fait à ceux là qui s'aiment. en séparant les corps elle leur donne pas la mort elle leur reprend la vie
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Message(#) Sujet: Re: Coup de pute Ven 8 Avr - 13:23

L'Oblique se fait tout un trône du coin où elle s'assoit. Et il faut qu'elle occupe le moindre centimètre carré qui est à sa portée, que ça soit à la peau ou à la voix. On sait que l'Oblique est là. On sait qu'elle s'installe. Elle est seule et, cependant, à aviser son manège, ses manières, ce cérémonial rôdé par les ans et reproduit méthodiquement, on la dirait légion, cohorte, et suite. Ses mouvements, amples et désordonnés, brassent l'air inutilement. Plus elle parle, moins elle écoute. Et il est primordial qu'elle n'entende pas. Interroger ses états d'âme, c'est donner libre cours à son fiel, à l'être infect qu'elle est profondément. Norah mérite d'autres égards et, parfois, Mona s'en souvient. La plupart du temps, elle s'en souvient à temps. Il suffit de la regarder, là, pendant qu'elle s'affaire. La Muguette entre dans le tissu comme on entre dans une femme. C'est assez joli à voir, pour ceux qui sont friands d'un tel spectacle. Une nostalgie fiévreuse, et vaguement sentimentaliste, autorise l'Oblique à en supporter la vue. Elle dévore l'habillage comme on tombe aux genoux d'un souvenir, d'un magnifique souvenir. Et, pendant qu'elle arque un sourcil suspicieux, elle penche le crâne pour mieux voir. Mieux voir quoi ? Ses billes n'accrochent pas les détails qu'elle lève brusquement le menton.

- C’est une impression, dit Norah, t’as pas connu de bataillon depuis un moment.
- T'as le rouge qui te court les cuisses ? feule la vieille femme.
- Tu voulais quelque chose ? C’est rare que tu te traines jusqu’ici.
- Seulement quand des petites connes m'y attendent...

La voix égale, les dernières traces d'amusement se dispersent. Les humeurs de Norah ne sont pas seulement dérangeantes, elles sont étranges. Quelques assauts lancés à la volée, c'est le quotidien d'un bordel. A force de cohabiter dans des espaces où l'intimité est un mot grossier, on se découpe une enclave à l'acidité de la langue et, finalement, ça devient une seconde nature, une façon de vivre, tout un langage. Pourtant, Mona grince à chaque syllabe qui lui tombe dans l'oreille. Ces cruautés ordinaires ne sont pas très justes. A d'autres moments. Plus tard, peut-être. Pour l'heure, ça lui colle un feu outré dans le ventre. Et elle s'est ramassée, la sale bonne femme. Sur les derniers mots que la Muguette lui lâche, Mona est debout et l'attrape par le bras. « Qu'est-ce que tu as ? » Elle presse, fort, l'os et les chairs autour. Elle la force à se tourner, à lui regarder le fond des yeux. Elle n'aime pas ce qu'elle voit (c'est-à-dire rien ou, plus exactement, un éclat ténu, dissimulé sous des voiles et des voiles qu'on n'en distingue qu'une lumière faible, et pâle) ; elle ne lit rien qu'elle peut vraiment comprendre ; ces pupilles, sombres, sont tellement fuyantes qu'on dirait l'eau qu'on tente de retenir avec les doigts. « Il s'est passé quoi ? dit-elle encore brutalement. » Là, le ton monte. C'est au monde entier, à tout Camorr, que l'Oblique le demande. Déjà, elle cherche autour, dans l'environnement silencieux qui les berce, le moindre indice qui répondra de Norah. Allez savoir. Du sang. Une arme. Elle inspecte aussi le corps de la femme, indolente, qui se laisse faire. Aucune marque de coup. Aucune marque apparente. Ce à quoi pense d'instinct sa maudite mère n'a rien à voir avec la vérité. Les femmes comme l'Oblique pensent à Trevor. Les putes pensent d'abord aux Trevor. « Alors, là, ma petite, si tu crois... » La Muguette a le silence buté. Et la Dockeuse, qui fulmine, la fait sèchement asseoir. Au revers de la main, elle balaie le tissu qui isole le petit réduit du reste du bordel. « Où est cette vieille salope d'Adelaïde ! » Une volée de putains lèvent le regard vers la vieille marionnette qui agite ses jupons et ses mains alourdies de bagues grotesques et de bracelets trébuchants. « Je veux la voir ! Maintenant ! Ou je vous retourne votre... Quoi ? (les billes de Mona se rivent à celles d'une femme d'âge moyen, figée à quelques pas, l'expression de ceux qu'on confronte à des fous) Je ne vais pas le faire ? » Véloce, l'Oblique s'illustre : elle s'empare d'un amas de fioles et d'étoffes et elle balance cet attirail en l'air. Quand ça retombe, la voix de Mona file sur la partition fracassante : « On va me dire pour Norah ! Ça, croyez-moi, je vais savoir ! »

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Message(#) Sujet: Re: Coup de pute Lun 11 Avr - 18:34

La joute verbale n’apporte aucun réconfort. Mona rétorque, égale à elle-même. Le revers est mérité, plus que l’attaque gratuite. De fait, Norah a toujours du temps pour Mona, et elle est ravie que la vieille catin prenne parfois le temps de la visiter. Ca la rassure de savoir que ce lien n’est pas brisé et qu’il compte au moins autant pour Mona que pour elle. Norah ne ressent aucune envie de poursuivre l’exercice idiot. Au contraire de ce que la jeune putain voudrait, ça attire l’attention de l’Oblique sur ce qu’elle tente de camoufler. Un sale goût amer s’étale sur la langue et tapisse le fond de sa gorge. Mona n’est pas aussi idiote qu’on se plait à le crier, au contraire. Son esprit vif capte immédiatement le malaise que la jeune femme tente de dissimuler tant bien que mal. Les yeux de Mona plongent dans les siens et il semble à Norah (comme à chaque fois) que l’Oblique parvient à déchiffrer la moindre de ses pensées. La poigne de l’Oblique autour du poignet lui fait mal, et plus elle tente de s’en défaire, plus l’autre la tient à sa merci. Sa peau commence déjà à marquer, mais elle n’y prête sur l’instant aucune attention. « Qu'est-ce que tu as ? » Lâche, Norah baisse les yeux et fuit la confrontation. Elle préfère se murer dans un silence obstiné. Malgré elle, elle est obligée d’observer Mona qui s’agace et s’importe – qui s’inquiète. Le ton et la voix monte crescendo en puissance pour accompagner l’indignation. Qu’elle s’emporte, qu’elle gueule si elle le veut, ce que la putain pense avoir deviné est tellement loin de la vérité que c’est plus facile pour un temps de la laisser s’agiter vainement. Quelque part, Norah est même profondément touchée par cette réaction complètement disproportionnée : ça dit tout de l’inquiétude et de l’attachement de Mona envers elle – et parfois, c’est bon le savoir. Qu’importe la colère ou la maladresse. Finalement, Norah se relève et attrape doucement Mona pour la forcer à revenir dans la mansarde exiguë. « Mona, calme-toi. Mona, écoute-moi ! » elle insiste et hausse à son tour la voix pour couvrir les protestations de sa mère. « Personne te dira, rien, j’ai promis d’arracher moi-même la langue de celle qui jacterait ». Un soupir passe les lèvres de la jeune femme, tandis que sa poitrine se lève et s’affaisse lentement et elle se compose un visage qui se veut plus serein alors même que toutes ses angoisses lui rongent les entrailles et lui retournent les tripes. Les pupilles se plantant dans celles furieuses de la femme en face d’elle et les mains vont attraper les siennes dans un vain espoir de canaliser la rage qui reprendra bientôt l’Oblique. Norah pourrait anticiper chaque mot, chaque geste, chaque regard. Et ça lui serre d’autant plus le cœur qu’elle sait la sincérité de l’attachement de la femme envers sa fille. Penser à Cybèle, penser à son absence lui lève le cœur et brise le semblant de confiance qui vivotait en elle. « Tu vas pas être contente. », elle commence avec de la prudence dans le ton et dans l’attitude. « Idriss est parti. Et il a pris Cybèle avec lui. ». La voix étouffe un sanglot alors qu’elle confie l’origine de son trouble. En réalité, elle nage dans le désespoir le plus total depuis la veille. « Je ne sais pas où. Ni pour combien de temps. Il… il est juste parti. » Elle finit par se redresser et accorder un peu d’espace à Mona. Ca lui permet de se préparer à affronter la tempête à venir. Pourtant, cette fois-ci, la jeune femme doute de pouvoir y faire face et de s’en sortir. Elle lit la colère, la tristesse, la déception et tant d’autres choses encore dans l’expression figée que lui oppose la câtin. « Je suis désolée, Mona. », elle s’excuse quand même, comme si ça pouvait changer quelque chose. Aussi difficile qu’elle ait été à supporter, jamais elle n’a regretté la décision de confier sa fille à son père pour lui éviter cette vie.

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Message(#) Sujet: Re: Coup de pute Lun 11 Avr - 22:58

Ce que l'Oblique renverse, elle le paiera. Ce sont des choses – flacons, babioles, bijoux jetés dans un panier qu'on remplirait tout aussi bien de grains. C'est aussi le silence qu'elle balaie à la main, ou plutôt la rumeur qui berce les bordels aux dernières heures du jour. Les alcôves du Faux-Jour se passeraient du vacarme qu'on va de toute façon nourrir toute la nuit. Le scandale outrancier que la Dockeuse provoque pour des histoires très personnelles lui retombera sur le nez, aussi certainement qu'on plante un ennemi en toute amitié. Ce que ça lui fait ? Certes pas peur. Ça agace son orgueil, qu'on s'imagine qu'il est possible de se venger. Se venger d'elle, quel projet fantaisiste ! Elle mettrait le feu aux rideaux rien que pour prévenir la menace, si son regard, paupières plissées, ne suffisait déjà à garder les jeunes garces à bonne distance. Qu'on lui obéisse, et tout le monde sera tranquille. Sinon... eh bien, l'Histoire les amènera bientôt à le savoir. Car, quand Norah temporise, elle ne fait bien que retarder. « Leur arracher la langue ? Ah ! Ah ! » La vieille putain s'esclaffe avec froideur, son cul flasque et fade conduit dans le recoin. « Je monte les enchères, petite ! » Pourtant, ce doit être un terrible secret. Quel genre de vérité exige autant de précautions ? La pire, sans aucun doute. Aussi Mona, derrière la folie furieuse de l'Oblique, commence à douter. Elle allonge le regard vers l'infante et elle ravale les injures, les menaces et les autres profanations de la langue commune, pour un temps tout du moins. Des billes aux billes, elle se tient à un voile d'éclater de nouveau. Que l'explication ne soit pas satisfaisante, ou le mensonge pas convaincant, et c'en sera fini de cette trêve. Comme si Mona voulait prévenir Norah, elle a les seins qui menacent de crever le corsage, les poumons trop gonflés, tout l'oxygène qu'il faut pour déverser un feu de verbe qui vaut mieux que des lames.

« Il a fait quoi... ? » Le souffle est rentré. Curieusement, l'air manque. Par les burnes de sept des Treize, où tout cet air s'est-il enfui ? La mine de Norah n'arrange rien parce qu'elle avoue toute sa défaite et ne cache pas un pan de sa résignation. Ils sont tous étalés, peints là, aussi impudiques que s'ils crachaient à la face qui les contemple : quels sentiments indignes d'une mère qui se respecte. Et ce qu'en sait Mona à ce sujet, c'est qu'il s'agit de tout ce qu'elle n'est pas. « Qu'est-ce que tu as fait ? » Un moment, la Dockeuse aimerait mieux ne pas comprendre. Et puis ça laisse le temps à l'imagination de cavaler. Que peut-elle faire ? Lever une bande ou deux, et leur offrir une bonne raison de rattraper l'enfant perdue ? Il est encore tôt. Ils ne sont pas tous saouls. Et la fuite est peut-être encore fraîche. Et quand bien même... l'Oblique pourrait donner le nom de cent putains, pareilles à elle, qui voudraient retourner Camorr jusqu'aux confins de la cité pour reprendre une des leurs. Mais elle ne sait rien. Elle n'a rien, rien que cette rage qui grimpe à son échine et fait son superbe ouvrage d'allumette sur un bois terriblement sec. « Tu l'as laissée partir ? dit le ton qui en couve un autre. » Elle se fiche d'Idriss. L'Oblique se fiche des hommes, surtout lorsqu'ils sortent du ventre de la fange. Il n'a aucun intérêt et il n'est même pas une menace. Quand même aurait-il enlevé Cybèle par la force (c'est une idée un peu curieuse, d'ailleurs, vaguement comique, selon l'idée qu'elle s'est faite du bonhomme)... quand même l'aurait-il enlevée, c'est le devoir de Norah, des Muguettes, et de toutes les sans-vertu aux cuisses largement ouvertes. « Raclure ! Idiote ! » D'abord, c'est une claque sur le crâne. Puis une gifle. Et des coups, poings serrés, sur les épaules, les bras, le nez. « Gourdasse ! Couillonne ! » On arrête plus ces mains qui frappent, fouettent et s'étouffent dans les tissus qui ne l'arrêtent rien qu'un moment. « Foutre de verrarien, tu vas dire où elle est ! »

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Message(#) Sujet: Re: Coup de pute Lun 23 Mai - 0:18

Norah endure l’assaut un instant, certaine que si elle s’y soustrait, le pire sera à venir. Finalement, elle attrape au vol les poignets de Mona et tente de l’immobilier. « J’ai rien fait, elle siffle, furieuse de comprendre que l’autre putain insinue. » Oh, Norah sait bien que l’Oblique ne lui a jamais pardonné d’avoir confié Cybèle à son père, après lui avoir fait jurer d’en prendre soin et de lui promettre le plus bel des avenirs – menace de lâcher les bandes de Camorr sur lui et un véritable contrat en garanties supplémentaires.  Mais Norah veut le mieux pour sa fille, et le mieux, ce n’est pas la vie dans un bordel et ni l’avenir qu’on y promet. « C’est lui qui est parti. Et je te jure par le Treizième qu’il m’le payera le jour où il remet un pied dans cette putain d’ville. » Les mots manquent pourtant de conviction et d’impact. La putain lèche encore la plaie vive. Finalement, elle relâche Mona et secoue la tête en signe de défaite avant de se retourner et de se laisser tomber sur la banquette. Son expression trahit soudain toute la douleur et le chagrin qu’elle ne sait plus contenir et ses yeux brillent des larmes qui ne coulent pas encore. Mais, Norah en crève. Cybèle lui manque déjà atrocement et il lui semble que jamais elle ne pourra s’habituer à cette sensation : celle qu’on lui écartèle les côtes et la poitrine pour tenter de lui arracher son cœur encore fumant. Sa gorge est tellement nouée qu’il lui semble que jamais l’air n’arrive à ses poumons et qu’elle étouffe : c’est la sensation terrible du sanglot qu’on réprime. « Tu penses vraiment que ça m’fait rien ? demande-t-elle, la voix cassée et les yeux soigneusement détournés de l’autre putain. Que si j’avais su, j’aurais pas tout fait pour l’empêcher ? - le ton se fait légèrement accusateur » Doucement, elle lève les yeux, ose affronter l’expression, la colère, le jugement et tout ce que Mona veut bien exprimer. Norah voudrait qu’elle la prenne dans ses bras et la berce, lui murmure de fausses paroles pour la rassurer et lui dire que tout ira bien. Elle lui pardonnerait ce mensonge, bien sûr. Et, si ne changerait rien à la situation, au moins aurait-elle une épaule sur laquelle pleurer et se reposer. Mais, Norah garde les lèvres closes et la mâchoire serrées, certaine que si elle ouvre la bouche, elle ne pourra plus s’arrêter de pleurer. Norah, elle voudrait que Mona arrive à lui pardonner un jour. Pas qu’elle comprenne, mais qu’elle accepte ce qu’elle considère comme une trahison. Peut-être a-t-elle raison… peut-être que Cybèle appartient à cet univers de tissus soyeux et de parfums capiteux, de sourires et de soupirs. Ca lui parait impossible, pourtant. Inconcevable. « Je suis désolée, elle finit par lâcher d’une voix sourde, quand les premières larmes dévalent enfin ses joues. C’était l’bon choix de lui laisser Cybèle. Quoi que tu en penses, c’était le meilleur des choix. »

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Et les belles, elles sont cruelles
bien sur qu'ils mentent comme ils respirent quand ils se jurent des avenirs car ils savent trop bien ce que l'amour ici fait à ceux là qui s'aiment. en séparant les corps elle leur donne pas la mort elle leur reprend la vie
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