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On s'a(b)ime.
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Message(#) Sujet: On s'a(b)ime. Ven 1 Avr - 19:59


On s'a(b)ime.

Tu as oublié le chemin des Traquenards ?





Date du sujet : Vingtième jour de Tirastim de la 77e année de Preva (Printemps 539)
Lieu :Le Marché Changeant
Moment de la journée : Milieu de matinée.
Conditions météorologiques : Ciel ensoleillé, quelques nuages matinaux et une petite brise fraiche.
Participants :Idriss Lilval & Norah Amino
+ PNJ : Flavius, peut-être, des Vestes Jaunes, des gens.
Statut du sujet : Privé.
Court résumé : Revenu depuis quelques jours à Camorr avec leur fille, Idriss n'a toujours pas pris le temps d'aller trouver Norah. Elle a décidé de remédier à la situation.

Je ne souhaite pas une intervention intempestive du maître de jeu dans ce sujet et je suis conscient que ce choix ne sera peut-être pas respecté.




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Message(#) Sujet: Re: On s'a(b)ime. Ven 1 Avr - 20:50

Ses yeux, réduits à deux billes fixent, observent en silence les embarcations du Marché Changeant qui ondulent sur les flots calmes. Plongée dans ses pensées, l’attention de la prostituée est néanmoins particulièrement alerte : l’endroit grouille de Vestes Jaunes, et elle n’est pas de ceux dont ils ignorent volontiers l’identité. Si elle a particulièrement soigné sa tenue et arrangé sa coiffure, elle préfère éviter la moindre altercation avec la maréchaussée. D’habitude, Norah ne se montre pas si timide et les Vestes Jaunes ne l’inquiètent pas d’ordinaire. La putain connait bon nombre des visages qui composent la police. Du reste, il s’avère bien plus difficile de respecter l’autorité d’un homme qu’on a vu nu et dont on a appris à connaître les faiblesses. Pour tromper l’ennui et l’attente, elle récite avec acharnement les paroles d’une comptine qu’elle a entendue plus tôt dans la journée, alors qu’elle rentrait de sa tournée habituelle, et qui ne la quitte plus depuis. Postée à quelques encablures du Marché Changeant, la prostituée attend impatiemment qu’on lui apporte la nouvelle qu’elle attend et redoute à la fois. La somme de sentiments contraires qui l’agitent l’épuise déjà, et il lui faut toute sa volonté pour ne pas faire demi-tour et rentrer pour, enfin, dormir. Et si d’habitude, Norah se sent parfaitement à l’aise dans sa ville, son malaise est si prégnant qu’à cet instant, elle voudrait se retrouver ailleurs. Rendue à argumenter avec elle-même (quand cet homme part, je pars, aussi.), la fine silhouette du gamin qu’elle a payé plus qu’il ne faut pour courir lui annoncer l’arrivée de celui qu’elle attend la sort des méandres de son esprit. La bourse tombe dans la petite main crasse et le gamin disparaît aussi vite qu’il est arrivé pour lui murmurer les quelques mots qu’elle attendait. Idriss Lilval vient d’arriver. Ca lui demande encore de nombreuses minutes de concertation pour qu’enfin elle décide de se mettre en marche à son tour.

Ce n’est pas de la crainte, ce n’est pas de la colère. C’est de la déception, de l’appréhension, et huit putains d’années de silence ! En réalité, Norah est furieuse. Bien sûr, qu’elle est furieuse. Et ça se voit, ça se sent. Norah n’a jamais su masquer les émotions de son visage. Joie, peine, colère, surprise, on déchiffre avec facilité le moindre de ses états d’âme à son regard, sa bouche ou le froncement de ses sourcils. Et quand enfin, elle le repère, son cœur manque un battement et elle en oublie de respirer. Frappée de plein fouet par la masse contradictoires de ses émotions, elle accélère l’allure. Et attrape l’homme par les épaules avant même qu’il n’ait pu mettre un seul pied sur une gondole et le force à reculer. « C’est gentil de venir saluer de vieux amis. Je t’ai laissé du temps. Je pensais qu’t’aurait au moins les couilles de venir me voir. Je t’ai connu plus attentionné et plus empressé à me retrouver.» Elle grogne plus qu’elle ne parle vraiment, mais ça ne la soulage pas vraiment. En vérité, si elle ne se pardonne pas d’avoir permis à Idriss de prendre son bébé et de la priver d’elle aussi longtemps, sans qu’elle ne puisse rien y faire. Il a certes promis de prendre soin d’elle, jamais de fuir lâchement. Son visage se tourne vers la silhouette qui accompagne Idriss et qu’elle a jusqu’ici superbement ignoré. « Salut Flavius. Je suis ravie de te revoir. Mais t’as pas autre chose à foutre, là, tout de suite ? »

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Message(#) Sujet: Re: On s'a(b)ime. Mer 18 Mai - 15:05

Voilà bien des années qu’il n’avait pas remis les pieds au Marché Changeant. Huit années exactement à vivre loin des habitudes de la vie camorrienne, et du tumulte de certains lieux. Les petites gens s’y pressaient dans le simple but d’y acheter quelques denrées, d’autres pour observer d’un œil curieux les produits exotiques exposés dans les barques ayant trouvé la meilleure place. Idriss y était arrivé il y a quelques minutes, marchant au milieu des passants, cherchant du regard le cargo dans lequel il devait s’embarquer afin d’avoir une discussion plus que sérieuse avec Don Gabanelli. Un rendez-vous capital pour mettre en marche ses fiançailles, et l’arnaque de grande envergure qu’il menait depuis son retour à Camorr, il y a une semaine déjà. Il avait laissé Cybèle en compagnie d’une nourrice, présente dès qu’Idriss devait s’absenter pour affaire. Il ne pouvait décemment pas l’emmener à ce genre de rendez-vous, bien que cette dernière se soit plantée devant l’entrée, un air décidé sur son joli minois, avant de lâcher d’un ton renfrogné « Pourquoi tu pars encore sans moi ? ». Et devant cette petite moue, son joli nez plissé, et son regard qui lui rappelait tant Norah, Idriss avait bien cru céder. Mais il s’était simplement agenouillé et avait embrassé son front avant de parler avec calme, de sa voix chaude et rassurante : « Parce-que tu ne peux pas venir avec moi aujourd’hui ma princesse. » Il avait caressé sa joue du bout du pouce, entreprenant de la calmer avant de la confier à sa nourrice. Flavius l’attendait dans la rue, appuyé nonchalamment contre le mur avant de lui emboîter le pas dans les ruelles de la ville qui n’avait pas réellement changé, malgré leurs années d’absences. Il leur fut donc aisé de retrouvé leur chemin, évitant les immondices qui s'étalaient sur le sol pour ne pas salir ses bottes.

Une fois là-bas, Flavius s'était dévoué pour leur chercher une gondole qui les conduirait ensuite jusqu'à l'embarcation des Gabanelli. Pendant ce temps Idriss avait flâné, observant les marchandises, échangeant quelques mots à peine avec les marchands. Il veillait sur sa bourse avec attention, n'oubliant pas qu'il avait œuvré en ces lieux plus jeune. Bientôt, la voix de Flavius lui fit redresser la tête, et il le suivit, s’apprêtant à mettre le pied sur le canot dégoté par son ami de toujours. Mais il n’entendit pas les pas qui se précipitaient derrière lui, et il sentit simplement deux mains fermes, fines et familières s’appuyer sur ses épaules, le tirant en arrière pour l'empêcher de mettre pied sur le modeste navire. « Par les dieux… » Il se figea en entendant sa voix, pinça les lèvres avant de faire volte-face. Qu’est-ce qu’elle faisait là ? Comment était-elle au courant ? De nombreuses questions se bousculaient dans sa tête, et dont certaines trouvaient immédiatement leurs réponses. Bien évidemment qu'elle était au courant, comment avait-il pu être aussi naïf. Les putains savaient ce genre de chose, tout se savait - ou presque - dans cette maudite ville. Et lorsqu'il posa ses yeux sur elle, il fut envahit d'un sentiment de culpabilité. Il était partis, sans même lui dire pourquoi et où il se rendait. Il lui avait réellement arraché sa fille, coupant tous les ponts pour éviter de regarder en arrière, pour oublier qu'elle lui avait brisé le coeur. Flavius grommela quelques brèves paroles « Content de te revoir aussi, Norah », et il eut tôt fait de se détourner pour gagner des horizons plus propices. Flavius savait conserver ses tympans loin des disputes de ses deux complices d'enfances, ça Idriss devait le reconnaître. Bientôt il soupira avant de regarder Norah, plongeant ses prunelles dans les siennes « Je sais que tu es en colère, mais j'ai fait ce qu'il fallait pour la protéger. Pour nous protéger »

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Message(#) Sujet: Re: On s'a(b)ime. Ven 10 Juin - 22:52

Ses yeux scintillent d’une colère mal contenue. D’ailleurs, Norah ne tente même pas de contrôler la violence ses sentiments et de sa rancœur. C’est beaucoup trop lui demander à cet instant. Surtout à cet instant, quand Idriss joue l’idiot et lui balance des phrases sibyllines et surtout vide de sens. Un rire mauvais la secoue brièvement tandis qu’elle relève son visage et braque ses pupilles dans celles de son vis-à-vis. « En colère ? En colère ? Non, penses-tu ! T’es parti du jour au lend’main sans rien dire, sans prévenir. Tu as emporté avec toi Cyblèle et tu m’as privé d’elle. Et, quand enfin tu r’viens, je dois te courir après dans tout Camorr pour te parler et espérer voir m fille Et tu penses que je suis en colère. Tu m’ignores,  et en plus tu m’insultes avec tes excuses qui n’en sont même pas ! Va manger tes morts, Idriss !  Tu vas me mener à Cybèle et pas plus tard que tout de suite, ou je t’assure que je m’arrange pour que, quoi que tu fasses ici. Quoi qu’tu sois venu chercher, je te jure que j’m’arrange pour te plomber » La main, vive, se lève et attrape l’oreille. Ses doigts la tordent, et elle sait comme c’est douloureux, mais au moins force-t-elle Idriss à se pencher vers elle pour lui faire sa confidence. « N’oublie pas qui j’suis. N’oublie pas les choses que j’sais sur toi. J’connais des gens qui pourraient payer cher pour savoir que Don Lilval n’existe pas, par exemple. » Elle libère Idriss et le toise, un sourire carnassier qui lui mange le visage. Autour d’eux, la foule circule et les bonnes gens chuchotent des mots pressés, comme gênés. Qui est donc ce paire qui se laisse ainsi traiter de la sorte par cette file de rien ? Norah se fiche bien des racontars, elle. A l’instant, c’est même plutôt le contraire : elle se réjouit bien volontiers des murmures offusqués. Qu’on se souvienne de ce visage, qu’on sache qu’il est un imposteur.

Néanmoins, son fiel jeté à la figure d’Idriss, Norah décide que ce n’est pas le lieu pour poursuivre sa discussion : elle n’a pas oublié Cybèle et la promesse qu’elle a violemment arraché à Idriss. Si compromettre ses plans revient à rompre les termes de son contrat, Norah en convient, c’est ridicule. « On s’rejoint Chez Sadir, dans vingt minutes. Pointe-toi, ou j’te jure que je m’arrange pour que toutes les bandes de Camorr aient une bonne raison de vouloir te faire la peau… » Sans rien ajouter de plus, Norah se retourne et disparait dans la foule compacte du Marché Changeant.

Le bouge, situé à la limite du Recoin Nord et des Docks, n’a pas changé. Toujours aussi bruyant et vivant, comme dans ses souvenirs. Plus jeune, c’est le fief que leur petite bande avait choisi pour se retrouver et dépenser leur argent en alcool. C’est l’endroit idéal pour avoir la conversation à venir : assez de monde pour n’attirer l’attention de personne, assez peu pour s’entendre. La marche l’a un peu apaisée : au moins a-t-elle canalisée la colère qui la consume depuis quelques jours et se trouve-t-elle plus disposée pour une conversation. Arrivée la première, la prostituée salue d’un geste de la main le vieux tenancier et s’installe dans l’arrière salle, à la même table qu’ils occupaient plus jeunes. Du moins, c’est le même emplacement, puisque le bois ne porte plus les marques de leur passage, les messages taillés au couteau ou les traces de brûlure. Quand, enfin, Idriss prend place en face d’elle, elle prend son temps avant de relever la tête et d’enfin l’observer.

Il a changé avec les années et pourtant, elle le reconnait sans peine. Ni ses vêtements trop luxueux ou ses nouvelles manières empruntées ne parviennent à masquer l’homme qu’elle a connu jadis. Elle le retrouve dans une ride d’expression ou un tic qui agite son visage. Quand enfin elle sait que l’émotion, quelle qu’elle soit, ne contrôlera pas sa voix, elle prend la parole. « Pas de conneries. T’arrête de m’prendre pour la première des idiotes et tu m’dis c’que t’as branlé tout ce temps et c’qui t’a empêché de donner des nouvelles. Et tu m’dis où elle est. J’veux la voir, j’te préviens, je veux la voir. » Je veux l’avoir, pense-t-elle et ses entrailles ses serrent à cette pensée vaine. C’est bien trop tard, pour ça…

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Message(#) Sujet: Re: On s'a(b)ime. Mar 2 Aoû - 1:33

La douleur naquit d’abord dans sa poitrine, ranimant ce mal pernicieux qu’il avait réussi à éteindre en s’éloignant de Camorr. Elle lui cracha sa haine au visage, lui rappelant ce qu’il était réellement : un couard des bas quartiers, une raclure du Chaudron. Non, un père qui avait protégé sa fille – du moins c’est ce qu’il se plaisait à penser.

Puis c’est au tour de son oreille gauche de faire les frais de la colère de la Muguette. Elle la tordit violemment, comme si elle avait souhaité lui arracher les protestations qu’il aurait pu avoir quelques années plus tôt. Avant tout ça. Mais avant était un autre monde, et cet Idriss là n’était plus. Il se força à rester stoïque, dardant sur elle des prunelles impénétrables bien que forcé de se pencher vers elle tandis qu’elle lui murmurait des menaces à peine voilées dans le creux de ses esgourdes. Quelques mots s’échappèrent alors de ses lèvres jusque-là close. Le ton est sec et froid, brûlant d’une rage contenu de la voir ainsi reparaitre dans sa vie. « Tu crois qu’j’ai oublié peut-être ? » Il a envie de lui dire que ses menaces ne l’effraie pas, que lui aussi la connaît elle et ses petits secrets, mais tout ceci ne serait que purs mensonges. Alors il se tut, pinça ses lèvres en une mimique qui ne lui ressemblait guère - lui qui aimait tant parler pour ne rien dire. Elle finit alors par le relâcher d’elle-même, crachant quelques phrases résonnant comme un ordre. Elle se détourna trop vite pour lui fournir une réponse, et Idriss se mit alors à jurer dans toutes les langues qu’il connaissait sous les regards interloqués des passants. Annulé le rendez-vous avec Don Gabanelli, et bonjour les emmerdes ! Quelle idée avait-il eu de ne pas venir directement régler ses comptes avec la mère de sa fille. Elle mettait désormais tout son plan en péril – et s’était sans aucun doute le but recherché. Il avait cherché Flavius du regard, lui ordonnant de trouver une excuse quelconque pour son futur beau-père avant de lui-même se détourner pour gagner le bouge de tous les souvenirs.

Lorsqu’il arriva devant Chez Sadir, Idriss resta quelques temps sur la voie, observant les lieux qui ne semblaient pas avoir changé depuis leur enfance. Cela avait été une sorte de QG pour lui, Flavius et Norah. Le lieu de leurs premiers méfaits, et qui avait abrité leurs amours balbutiants. Il serra les poings à cette pensée, poussant bientôt la porte d’un geste ferme. Jetant une pièce au tenancier, le jeune homme s’avança sans aucune hésitation vers la table du fond. Leur table. Il prit place face à une Norah visiblement plus calme, du moins en façade. Et il se contenta alors de l’observer, lui confiant la charge de commencer les hostilités. Il la laissa parler, détaillant la courbe de ses lèvres, les boucles noires s’échappant vers une poitrine qu’il avait dévorée de baisers, et enfin ses deux pupilles sombres qu’il savait pouvoir brûler de passion autant que de colère. Le visage d’Idriss se contracta à ses dernières paroles, faisant ressortir les os saillant de sa mâchoire. « Tu veux la voir hein. Tu aurais dû y penser avant de la prendre pour un putain d’objet et me faire signer ce foutu papier. Pour qui tu te prends, à reparaitre dans nos vies aussi soudainement ? Tu vas me dire que tu es sa mère, ouais. C’est moi qui l’ai vu faire ses premiers pas et entendu dire ses premiers mots. Qui l’ai élevé pendant dix ans. Alors non, tu ne la verras pas. » Le ton fut ferme, sa voix ne trembla pas. Il refusait de lui laisser cette opportunité, et par la même occasion de dévoiler à sa fille son ascendance maternelle. Une ascendance qu’il lui avait toujours dissimulé.  

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Message(#) Sujet: Re: On s'a(b)ime. Dim 22 Jan - 17:07

Une longue inspiration soulève et affaisse poitrine et épaule de la Muguette. Son regard s’affirme et jamais elle ne quitte des yeux l’homme en face d’elle. La mâchoire serrée pour contenir langue acerbe et les mots venimeux. Elle préfère l’affronter en silence, silence qu’elle laisse planer un moment avant de se décider de lui répondre. Elle choisit avec soin ses mots. « T’as fini ? Qui reparait dans la vie de qui, au juste ? Tu vas me reprocher de lui avoir épargné le bordel ? Oses un peu… Tu sais très bien quel aurait été son destin. Tu voulais voir ta fille comme une putain ? fallait le dire avant, je me serai pas échinée à lui éviter de toutes les façon possible qu’elle finisse sur le pavés. Fallait y penser, avant de m’engrosser. » C’est un coup bas, mais facile, et Norah le sait. S’attarder sur les sentiments qui la liaient, jadis, à Idriss reste pourtant inutile : le mal est fait et pour toujours. L’un et l’autre ont avancé dans des voies parfaitement opposées et malgré sa colère, sa rancune, Norah ne regrette jamais ce choix cruel qui l’a privé de sa fille durant si longtemps. « Va t’faire foutre, Idriss, je regrette rien ! Tu veux rien m’dire ? Parfait. Je sais qu’avec toi, elle a vécu une vie qu’elle mérite ! Mais oublie pas ta promesse… Je m’arrangerai pour te la faire tenir. » Elle marque un temps de pause, qu’elle consacre à dévisager Idriss. Un bref instant, elle s’autorise une douce mélancolie en évoquant de vieux souvenirs faits de soupirs et de caresses délicieuses. Elle ne s’y attarde pas. « Tu iras voir Léodine Fosca, tu lui donneras mon nom. Elle t’aidera, elle bosse pour moi. C’est elle qui gère le contrat. Elle sera de bons conseils pour le reste. » Sans laisser aucune chance au brigand de répliquer quoi que ce soit, la putain relève. Elle se penche, et dépose un baiser affectueux sur sa joue, avant de tourner les talons et de s’enfoncer dans les canaux de Camorr. Ce n’est qu’une fois à l’abri dans le quartier des Muguettes qu’elle s’autorise enfin à pleurer. C’est quand le poids affreux qu’elle portait sur la trachée se dissout dans les larmes qu’elle réalise à quel point elle est affectée par ce retour qui chamboule sa vie de part en part.

Méfiant, Flavius entre dans le repaire des catins. Oh, il connaît le bordel et reconnait même quelques filles qu’il a jadis tutoyé, mais ce n’est pas pour commercer qu’il vient dans l’immédiat. A peine a-t-il fait quelques pas qu’une gamine blonde, sûrement à peine sortie de l’adolescence, s’approche de lui et lui fait signe de la suivre. Ils passent une porte, une autre, longe un couloir bordé de portes d’où s’échappent soupirs et grognements et montent dans les étages. C’est là qu’il retrouve Norah, assise derrière une table. Un petit couteau en main, elle épluche et coupe minutieusement les fruits qui se trouvent devant elle avant de les plonger dans la cocotte posée sur le feu. Les effluves sucrées embaume la pièce. La putain lève les yeux et d’un geste du menton désigne une chaise placée à côté d’elle. « Je t’écoute, Flavius. Raconte-moi. Et n’oublie rien. » Flavius n’a rien dit à son ami de toujours au sujet de cette petite rencontre mais il n’a pas su refuser la demande de Norah. En souvenir du bon vieux temps, comme il lui rappelle avant de commencer à parler. Elle garde le silence, écoute et s’imagine comme elle le peut les dernières années écoulées. Elle se peint un joli tableau mental de sa fille, et crève de la revoir. Quand enfin Flavius se tait, elle se contente de lui resservir un verre de liqueur et achève de mettre en pots la compote qu’elle a préparé toute la nuit. Les filles seront contentes, quand elles reviendront, elle lui dit. Minutieusement, elle se lave les mains, le temps de se redonner une contenance, et Flavius conserve le silence. « Merci, elle fait sobrement. » Il hoche la tête, finit son verre, et quitte la pièce, la sensation d’avoir fait ce qu’il fallait. Lui, il n’oublie pas la petite Cybèle qui ne cesse de lui poser des questions au sujet de sa mère, cette femme que jamais son père n’évoque. Il faudra bien, pourtant… […]

Pour la seconde fois en peu de temps, Norah pousse la porte de bois de Chez Sadir. Elle trouve Idriss, assis au même endroit que la dernière fois qu’elle l’a quitté. Et seule sa tenue témoigne qu’il est parti et revenu. « Tu voulais me voir ? »



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