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[Récit] Les filles de Camorr
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Message(#) Sujet: [Récit] Les filles de Camorr Mer 23 Mar - 12:51


Les filles de Camorr



La présente annexe est reproduite depuis le chapitre "Les filles de Camorr", issu du premier tome des Salauds Gentilshommes : Les mensonges de Locke Lamora.




La première véritable révolution dans les affaires criminelles de Camorr eut lieu longtemps avant la guerre des dix capas. En fait, elle la précéda de presque cinquante ans, et fut le résultat d'un certain manque de maîtrise de soi de la part d'un maquereau du nom de Trevor Vargas le Scabreux.
Trevor le Scabreux avait un grand nombre d'autres surnoms, dont la plupart étaient utilisés en privé au sein de son petit cheptel de putains. Dire que c'était un meurtrier cinglé et sans retenue heurterait la sensibilité de la plupart des meurtriers cinglés et sans retenue. Comme souvent, il représentait un danger plus grand pour ses putes que les passes qu'elles effectuaient pour des cuivres et des argents. La seule chose qu'il leur apportait vraiment, c'était une protection contre ses propres poings, qu'elles pouvaient obtenir en ne lui donnant qu'une petite fraction de l'argent qu'elles ramassaient.
Un soir, une pute particulièrement exploitée refusa de participer au divertissement nocturne favori du maquereau, qui consistait à prendre son plaisir dans sa bouche et à lui tirer les cheveux jusqu'à ce qu'elle hurle de douleur. Sa dague de corset fusa avant même qu'elle ne s'en rende compte. Elle la planta juste à gauche de la virilité de Trevor, pile sur l'articulation de la cuisse, avant de taillader sur la droite. Il y eut quantités effrayantes de sang, sans parler des hurlements, mais les tentatives de Trevor pour se défendre furent grandement entravées par la vitesse à laquelle sa vie se déversait entre ses jambes. Puis, (celle qui avait été) sa pute le traîna sur le sol et s'assit sur son dos pour l'empêcher de ramper hors de la chambre. Ses forces le fuirent, il mourut très vite, et nul ne le regretta.
Le lendemain soir, le capa de Trevor envoya un autre homme prendre ses affaires en main. Les femmes de l'ancienne écurie de Trevor lui souhaitèrent la bienvenue, des sourires aux lèvres, et lui donnèrent la chance d'essayer gratuitement leurs services. Parce qu'il avait un petit tas de briques brisées là où la plupart des gens entretiennent leur cervelle, il accepta. Une fois soigneusement dévêtu et privé de ses armes, on le tua de plusieurs coups de poignard.




Ceci attira vraiment l'attention de l'ancien capa de Trevor. Le surlendemain soir, il dépêcha cinq ou six hommes pour aplanir la situation. Mais il était survenu une chose étrange : deux ou trois autres groupes de putains s'étaient débarrassés de leur souteneur. Et ce noyau en expansion avait pris possession d'un entrepôt au nord des Traquenards pour en faire un quartier général. Les hommes du capa n'y trouvèrent pas six ou sept morues effrayées, comme on le leur avait dit, mais presque deux douzaines de femmes en colère qui avaient jugé bon d'acheter des armes avec tout l'argent qu'elles avaient été en mesure de réunir.
Les arbalètes ont le don de grandement égaliser les chances, surtout à faire distance et avec l'avantage de la surprise. On ne revit plus jamais ces cinq ou six-là.
C'est ainsi que la guerre éclata pour de bon. Les capas qui avaient perdu des maquereaux et des filles tentèrent de corriger la situation, tandis que, chaque jour, le nombre de femmes qui se ralliaient à la rébellion grandissait. Elles louèrent les services d'autres bandes pour assurer leur protection. Elles établirent des maisons de plaisir selon leurs propres critères et se mirent à travailler sur ces bases. Les services qu'elles fournissaient, dans des chambres confortables et bien équipées, étaient bien supérieurs à ceux qu'on pouvait trouver auprès des autres bandes de pute encore dirigées par des hommes, et l'argent des clients potentiels commença à peser en faveur de ces dames. Les filles de Camorr s'étaient efficacement liguées en guilde. Moins d'un an après la mort de Trevor le Scabreux, les quelques derniers macs qui s'accrochaient tenacement à leur moyen de subsistance se firent convaincre (souvent à mort) de trouver un autre moyen de joindre les deux bouts.
Beaucoup de sang coula. Des dizaines de putes furent brutalement assassinées, et plusieurs de leurs bordels furent ravagés par des incendies. Mais, pour chaque fille de nuit qui tombait, un homme du capa subissait le même sort. Les dames rendaient coup pour coup, aussi violemment que n'importe quel capa dans l'histoire de Camorr. En fin de compte, une trêve incertaine se transforma en arrangement stable et mutuellement bénéfique.




Les putains de la ville se séparèrent à l'amiable en deux groupes, définis par leur territoire. Les Dockeuses prirent le secteur ouest de Camorr, tandis que les Muguettes régnaient à l'est. Les deux organisations se mélangeaient sans heurts dans les Traquenards, là où les affaires prospéraient le plus. Cela continua. Elles recrutèrent des gros bras loyaux et cessèrent de louer les services d'égorgeurs issus d'autres bandes. Bien que leurs vies ne pussent pas être considérées comme entièrement agréables - compte tenu de leurs activités -, au moins contrôlaient-elles à présent fermement leurs propres affaires et étaient-elles libres de faire respecter certaines règles de bienséance par leurs clients.
Elles érigèrent et entretinrent un duopole : en échange de leur promesse de ne pas intervenir dans toute autre forme de délit, elles s'assuraient le droit d'écraser sans pitié toute tentative de soutenir des femmes hors de leurs deux bandes, et elles usaient de ce droit. Naturellement, certains hommes n'accordèrent pas beaucoup d'attention aux règles établies par ces femmes. Ils essayaient de gifler les putes, de refuser de payer pour leurs services ou d'ignorer les critères imposés par ces dames en matière de propreté et d'ivresse. De rudes leçons furent dispensées.

Comme de nombreux hommes l'apprirent à leurs dépens, il est impossible d'être intimidant lorsqu'une femme en colère tient votre bite dans une main et qu'elle a un stylet pointé sur vos reins dans l'autre.



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