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Dans les dents.
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Statut : Peintre de charmantes fausses croûtes. Pezon des Faussaires (Arsenal.)
Classe sociale : Fils de marchands modestes, orphelin par le feu et l'acier.
Divinité principale : Preva, la déesse des beaux arts.
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Message(#) Sujet: Dans les dents. Lun 30 Mai - 4:46


Dans les dents.

Une journée à se faire rosser





Date du sujet : Fin Tirastim, 77e année de Preva.
Lieu : Sur un quai de la Vielle Citadelle, face au canal qui donne sur le Marché Changeant.
Moment de la journée : Fin d'après-midi.
Conditions météorologiques : Ciel ensoleillé, à peine quelques rares nuages qui jamais ne crèvent, nuits fraîches et chaleur croissante
Participants : Natale quisertàrien et Sohane lacharmante.
+ PNJ : (s'il y a lieu)
Statut du sujet : Privé.
Court résumé : Natale se fait jeter dehors, Natale se fait bastonner, Natale se fera insulter. Natale passe une mauvaise journée.

Je souhaite une intervention intempestive du maître de jeu dans ce sujet et je suis conscient que ce choix ne sera peut-être pas respecté.




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Message(#) Sujet: Re: Dans les dents. Lun 30 Mai - 4:57

Natale a ce regard un peu fuyant, celui d'une bête que l'on a dressée dans la peur et l'angoisse. Il avait ce coup d'oeil rapide qu'à un chien pour son maître avant d'agir, il cherche l'approbation désespérément. Car il sait que la moindre erreur ne lui sera pas pardonnée. Le concept d'erreur, par ailleurs, était lui-même à redéfinir, car inconnu et variable. Avec Tiore, dès qu'un niveau de compétence était atteint, le schéma était simple : de courtes félicitations suivies de nouvelles critiques, plus pointues. Mais dans le monde des Gens Bien, ce qui pourrait un jour contenter un des maîtres copieur des Faussaires sera peut-être l'action qu'un autre punira froidement. Natale était souvent perdu entre les coups de poing et les phrases enjolivées. Ne sachant que faire de ses dix doigts qui ne lui apportera pas son lot d'ennuis.

Ce jour-là, il avait fui le repaire des Faussaires sous les cris porcins d'un piètre amateur parmi les "peinturateurs", les sans talents. Ces gens étaient essentiels pourtant au processus. Ils récupéraient les toiles, les cadres d'oeuvre de peu de valeur et les traitaient pour qu'ils soient réutilisables. Un précieux temps gagné pour les peintres.
Natale avait utilisé, sous les conseils hasardeux d'un autre pezon, une quantité trop forte d'ajouts alchimiques dans son bleu, la toile avait légèrement fondu sous ses coups de pinceau. Il remarqua bien vite que le tissu tendu semblait de plus en plus fin, donnant d'étranges gondolements. Difficile de revendre une copie gondolée. Celui qui l'avait conseillé quelques instants plus tôt reporta la faute sur le jeune Savinio, qui rapporta le dégât à Simon. Simon était brut et borné, mais particulièrement perfectionniste et doté d'un grand respect pour l'art. Il était celui qui gérait les peinturateurs ces jours-ci. Ce ne fut non pas une, non pas deux, mais bien trois à quatre guirlandes d'insultes que Natale du subir, penaud, devant l'ensemble de l'atelier : quatre pauvres hères et leur maître beuglant. Le moment où Natale choisit la retraite stratégique fut celui où Simon, dans un élan de rage, attrapa un pinceau de colle bouillante avec lequel il menaça l'adolescent. Savinio prit simplement les jambes à son coup, voulant éviter que sa peau ne brûle sous le gluant liquide.

Il avait couru quelques minutes avant de reprendre son souffle, le dos contre un mur. Il fixa le soleil en jurant. La journée commençait vraiment mal. Il sentit ses mains trembler de colère. Il avait envie de frapper la brique derrière lui. Son âme s'était embrasée d'une fureur impuissante et stupide. Il souffla, expira, s'appuya sur ses genoux. Il marcha jusqu'à la Vieille Citadelle pour se changer les idées. C'est depuis le bord de l'un canal qui donnait sur le marché changeant qu'il se mit à croquer l'endroit sur un morceau de tissu blanc qui traînait dans son sac, avec un crayon de cire et de cendre. Il commença à dessiner rageusement ce qu'il voyait. Une heure, près de deux, passèrent. Il se calma lentement. Il sortit un pinceau de son sac, fin brin de bois touffu et commença à ombrer le dessin à la va-vite. Il entendit derrière lui deux rires qu'il connaissait bien. Il décida de rester penché sur son travail, pas d'humeur à saluer qui que ce soit, ni à se faire taquiner. Avec un peu de chance, ils passeraient en lui foutant la paix.

"Ah ben, c'est pas la Mangouste, ça ?
-Ben ben ben ! C'est bien la Mangouste, ça !"

Gepero et Tell étaient deux demi-couronnes qui connaissaient bien l'apprenti peintre. Surtout quand il s'agissait de le dépouiller d'un peu de monnaie. Voir de beaucoup. Deux brutes sans plus trop de cervelle que le cortex reptilien. Natale décida de ne pas se retourner, de nouveau. Il sentit alors son ouvrage lui filer entre les mains.

"Tu ne dis pas bonjour la Mangouste ? C'est bien beau, c'que tu dessines, mais c'est pas une raison.
- Non, non, pas une raison."

C'est dans un craquement sec que Tell déchira l'oeuvre toute neuve en deux. Gepero accompagna le saccage d'un rire gras.

"T'as pas plutôt un truc pour n…"

Il n'eut pas eu le temps de finir, Natale s'était jeté sur Tell avec une rage et une rapidité indécente. Son pinceau dans une main, il l'enfonça de moitié dans l'épaule du coupable, si profond, qu'il n'arriva qu'à briser le manche en tentant de le retirer. Tell se mit à hurler comme un goret tandis que Gepero envoya une droite bien sentie à Natale qui vola sur quelques mètres. Le peintre eut tout juste le temps de bourrer sa bouche d'un morceau de papier trouvé dans son sac lorsqu'il reçut des coups de pied en plein abdomen, il avait recroquevillé ses mains contre lui. Elles étaient le plus important.
Il se fit battre par la demi-couronne, l'autre tentant de retirer morceau de bois qui s'était planté dans son épaule. Tell n'arrivant à rien, il attrapa Gepero par l'épaule et le urgea.

"Faut me retirer cette merde ! Ça fait un mal de chien ! On s'en occupera plus tard !"

Gepero abandonna avec regret sa proie, tiré en arrière.

"On reviendra, la Mangouste ! T'es mort ! Tu tireras le portrait de la Dame du Long Silence !"

Le silence revint sur le quai presque désert. Natale resta une petite minute à terre, les yeux dans le flou. Il avait envie de pleurer, mais ses yeux étaient vides de larmes. Il avait l'impression d'être mort. Il sentait dans sa main, le morceau de pinceau qui lui restait brûlait presque sa paume. Il se releva doucement et cracha le papier qui avait protégé ses dents de se briser. Il ramassa les deux morceaux de tissu et les rassembla. Il avait oublié sa place. Il avait attaqué. Il était dans une merde noire à présent. La prochaine fois, ils ne seraient pas que deux, les demi-couronnes, c'est une sacrée famille. Il leva les yeux au ciel.
Par les Treize Tout-Puissants.

Il était encore si sonné, il ne remarqua même pas l'ombre sur le quai qui s'avançait vers lui, une personne qui avait sans doute assisté à toute la scène.  

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Particularités : Elle est mère de deux enfants qu'elle n'a plus vu depuis 536, et qui vivent avec leur père. Elle a passé 3 ans dans l'armée verrarrienne avant de déserter, a combattu les pirates avant de les rallier. Elle n'a pas d'âme. Et c'est une connase.
Dédoublement de personnalité : Norah, Chiara Hajek.
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Message(#) Sujet: Re: Dans les dents. Dim 10 Juil - 13:12

Se promener ainsi dans les rues de Camorr en toute impunité, ou presque, procure à Sohane un sentiment confus. Impossible de se défaire totalement, bien sûr, de ce sentiment qui l’a habitée avec autant d’intensité, même autant d’années après ; ce mélange de peur et d’adrénaline palpitant dans ses veines chaque fois qu’elle sortait dans les rues de la ville, chaque fois qu’elle sautait d’un toit à un autre, chaque fois qu’elle forcait une fenêtre pour entrer dans une chambre ou un boudoir, y dérober la promesse d’un repas et d’une nuit à l’abri. Plus particulièrement, marcher librement autour de la Vieille Citadelle la rend particulièrement silencieuse et la plonge au plus profond de ses souvenirs. Combien de camarades a-t-elle vu, gamine, mourir pendus à ce maudits pont. Impossible de se souvenir quand la tristesse a été remplacée par la lassitude d’assister au même spectacle ni même à partir de quand elle a façonné ses réflexes. C’est la terreur de finir, elle aussi, accrochée dans le vide par le cou et la rage de vivre qui l’ont maintenue en vie si longtemps sous la Colline. C’est ce qui l’a poussé à fuir, un jour, à tout plaquer pour tenter sa chance ailleurs. L’envie la prend subitement, alors elle bifurque dans une venelle plus sombre et moins fréquentée, puis une autre, s’approche du mur et commence à grimper. Ses doigts crochètent avec précision la moindre anfractuosité, se pieds assurent ses prises. Avec habitude et nostalgie, Sohane redécouvre les vieux plaisirs de sa jeunesse : celui d’éprouver l’Ordre et l’Autorité de Camrorr, exactement en son centre. Elle atteint un toit, et s’y trouve un coin où s’échouer. D’ici, elle peut tout voir, tout contempler sans que jamais les sentinelles ne puissent la repérer. La femme caresse l’idée d’attendre la tombée du jour depuis son poste d’observation et d’admirer le Faux Jour, avant de reprendre ses activités.

De l’agitation en contrebas attire son attention et relègue cette douce envie au second plan. Elle avait repéré la frêle silhouette vautrée dans un coin, près des canaux, appliquée à faire ce qu’il lui plaisait bien. Si ça ne la concerne pas, Sohane n’a cure des autres – et parfois même quand impliquée ou intéressée, la mercenaire ne porte qu’un intérêt limité à autrui. C’est quand les cri, indistincts à cette hauteur, résonnent, qu’elle tourne à nouveau les yeux vers ce petit corps. Impuissante, à peine émue, elle assiste au passage à tabac d’un gamin par deux autres. Des bandes opposées ou triste réalité de Camorr du fort qui s’affirme sur le plus faible. Un soupir las passe ses lippes quand elle décide de quitter son perchoir pour s’approcher finalement. Est-ce la nostalgie ? La découverte de quelque sentiment de compassion ? Qu’importe, Sohane descend le mur avec autant d’adresse qu’elle en a eu à l’escalader. Au détour de la ruelle, elle croise les deux gaillards qui partent en courant et ses iris grises captent assez longtemps leur visage pour s’en souvenir.

Le gamin est toujours à moitié sonné quand elle sort de l’ombre. Il a morflé. Les pupilles froides, Sohane observe les blessures du gamin, un dessinateur ou un peintre semble-t-il. Dans une autre vie, ça aurait pu être elle, cette petite carcasse laissée pour morte dans un coin de rue. « Tu sais qu’ils vont revenir, elle dit sans préambule. Tu sais que la prochaine fois, ce sera pire. Tu sais que la prochaine fois, tu pourrais jamais t’rel’ver ». Plantée devant le gamin, Sohane ne fait aucun geste pour l’aider à se redresser ou pour ne serait-ce que soigner son égo blessé. « Tu comptes faire quoi ? »

_________________
l'empire du côté obscure
Through dark and light I fight to be. Shadows and lies mask you from me. Bathe my skin, the darkness within. The war of our lives no one can win. The missing piece I yearn to find. Please clear the anguish from my mind. But when truth of you comes clear, I wish my life had never come here. So close
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