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Les maux dits.
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Message(#) Sujet: Les maux dits. Dim 10 Juil - 22:52


Les maux-dits

La grande différence entre l'amour et l'amitié, c'est qu'il ne peut y avoir d'amitié sans réciprocité.





Date du sujet : Menal 539
Lieu : Dans un port paumé à environ une journée à cheval de Camorr, sur l'Ausilia.
Moment de la journée : Vers midi.
Conditions météorologiques :Il fait beau, et la chaleur est écrasante
Participants : Assad Messara & Chiara Hajek.
+ PNJ : quelques pirates.
Statut du sujet : Privé
Court résumé : Assad, qui a convaincu Chiara s'accoster non loin de Camorr afin de récupérer son héritage, revient avec quelques jours de retard, et une demande des plus incongrues pour son capitaine et meilleure amie.

Je ne souhaite pas une intervention intempestive du maître de jeu dans ce sujet et je suis conscient que ce choix ne sera peut-être pas respecté.




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Message(#) Sujet: Re: Les maux dits. Lun 11 Juil - 0:23

Sa patience, inexistante, s’érode à chaque seconde qui passe. Le village est certes bien joli, et Chiara peut l’affirmer pour en avoir fait le tour trois fois. La bouffe locale est pas trop mauvaise. Elle le sait, parce qu’elle trompe l’ennui en mangeant trois fois son poids avec les autres marins. Ils ne pissent pas dans la bière. Et elle le sait, parce qu’elle boit plus que n’importe qui, chaque soir. Oh, et la plage est plaisante, l’eau d’une température agréable. Mais, malgré toutes ces qualités du patrimoine local, Chiara ne parvient plus à contenir l’impatience et la mauvaise humeur qui montent en elle. Quand Assad reviendra, elle se chargera de le balancer elle-même à l’eau, pendu par les couilles (ou quelque chose comme ça…). Le pire, c’est qu’elle est certaine que ça ne la soulagera en rien, ni elle, ni le reste de l’équipage qui se morfond depuis bientôt une semaine. Et, sûrement que c’est la promesse d’un argent trébuchant qui permet à la capitaine de conserver un minimum de sang-froid. Un énième soupire s’échappe de ses lèvres, quand un pirate vient la tirer de sa léthargie. « Capitaine. Y’a l’camorrien qui revient. ». Ses yeux se lèvent et suivent le doigt qui pointe un nuage de poussière qui se déplace à vive allure sur l’unique route de terre qui passe par le village. Bientôt, à l’entrée du port, s’arrête Assad, perché sur une monture exsangue. Il adresse quelque mot au palefrenier qui prend en charge la monture et celui-ci hoche la tête. Mais, l’attention de la capitaine est déjà portée sur son second, qui accède enfin au pont.  « Assad, bordel, on peut savoir où tu étais passé ? J’veux me tirer de ce trou. J’ai envie de boire aut’ chose que leur pisse de chat, j’ai envie de baiser. J’ai atrocement envie de baiser. Y’a pas de putes ici. Enfin si, mais tu fais l’tour en une soirée, et ça donne pas envie de devenir fidèle client. Dis-moi que tu as ton oseille et qu’on peut s’barrer… Quoi ! elle s’interrompt quand elle capte enfin le regard d’Assad (quand elle arrête de gesticuler en marchant dans tous les sens, serait déjà plus exact). Quoi ! C’est quoi cette tronche, que tu te tires ! Ton père est pas mort ? Ta mère non plus ? T’as avalé un truc de travers ? Mais parle, bordel ! » Et enfin, elle se tait et dévisage son second. Si, un instant plus tôt, son humeur pointait entre l’agacement et le soulagement, ça vire franchement à quelque chose de plus désagréable. Rarement elle a vu une telle expression sur le visage d’Assad : soucieuse et contrariée. D’ailleurs, ça ne lui va pas du tout. Elle s’apprête à lui dire, mais ravale les mots au dernier moment, bien consciente que le moment ne s’y prête pas. Alors, plus doucement que ses gestes un peu brutaux ne le laissent deviner, elle attrape Assad par le bras, fend le pont pour le mener jusqu’à sa cabine. D’un petit coffre, elle sort deux petits verres et une bouteille à moitié entamée – un excellent cru qu’elle ne garde que pour certaines occasions. « Bois. Et après, tu me parles. »

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Message(#) Sujet: Re: Les maux dits. Lun 11 Juil - 18:51

Sous la chaleur crevante qui le trempe de sueur, le cavalier suffoque quand les embruns de la mer de Fer lui caressent les narines. Plusieurs lieues, il a longé la côte, secoué par le chaos d'une monture rompue à des chemins de protocole et des trajets plus raisonnables. Maintenant qu'il approche de l'ancrage, le cul abîmé, le vêtement humide et la patience évanouie, il lui faut encore entrer dans les terres pour descendre dans la baie. Plutôt port que village, Sirajan est un trou misérable, vraiment : fondé par un officier d'Oxmo Nicovante afin d'être une étape dans le convoyage de ses troupes, c'est la fin des Mille jours qui a fait la fin de Sirajan. Il faut pourtant cette discrétion pour qui aimerait tromper Camorr. Du reste, ce devait être un endroit magnifique – dégagé, lumineux – avant qu'on n'y fiche du bois de seconde facture et de mauvais métaux à usage purement militaire, purement temporaire. Bien sûr, Sirajan s'est mis à pourrir et ce sont pas les cent enfants de putains qui crèchent là qui prendraient le courage de se faire une cabane décente. A l'inverse, a tranché Assad au moment de jeter l'ancre, leur silence est facile à soudoyer alors qu'un navire étranger s'est tant approché de la cité-mère.

Chiara est incapable de décevoir l'imagination de son second. Il se figurait un peu plus de bordel et un autre où t'étais passé, au minimum. Ça reste néanmoins fourni et ça s'extrait de sa bouche à un rythme qu'il est parfaitement impossible de suivre. S'il arrivait au capitaine de l'Ausilia de la fermer, même une minute, il se ferait un plaisir de l'éclairer mais elle est là, agitée, emportée, à s'écouter gueuler, et il aimerait trouver la volonté de s'en amuser et le plaisir de rentrer chez soi. C'est difficile pour tellement de raisons qu'il abandonne l'idée de les énumérer. Du regard et en silence, Assad suit les sillons qu'elle fait sur le pont. Puis elle se plante à peu près devant lui. C'est le moment parfait pour commencer. Pour dire quelque chose. N'importe quoi. Il est exténué par le voyage et, en vérité, totalement anxieux des nouvelles qu'il apporte. Ni Qassim ni Anahita ne sont avec lui. Chiara doit bien réaliser que tout ne s'est pas passé comme ils l'avaient initialement prévu. Les détails arrivent. Il les a sur la langue. Juste un moment.

Les épaules enlacés ou les avants-bras pressés par les hommes et les femmes d'équipage, le trajet jusqu'à la cabine de capitaine soulage un peu du poids niché dans la poitrine d'Assad. Sans manière, il s'affale. Sans politesse, il laisse le verre et s'empare de la bouteille. Trois gorgées plus tard, ça le brûle désagréablement dans la gorge et plus agréablement dans le ventre. « Le vin des Messara est définitivement à chier... » Le rictus, aigre, tourne à la grimace. « J'aurais du te prévenir, j'sais. » D'un bond, il se redresse, comme s'il pouvait sentir l'impatience de Chiara gagner l'air et les asphyxier. Après six jours d'absence, et le trajet de retour entamé le cinquième, il sait son délai dépassé et l'inquiétude proportionnelle de sa comparse, quand même elle l'a enfouie sous la colère. « Je ne pouvais pas prendre le risque d'envoyer quelqu'un. Là-bas, c'est plus compliqué que ce qu'on croyait... » L'euphémisme ressasse la crasse et la fatigue accumulées durant la chevauchée. « En fait, c'est pas du tout ce qu'on croyait. » Lassé d'avance par le récit qu'il s'en vient raconter, Assad s'offre du courage au goulot de la bouteille.

Pendant près d'une heure, il raconte les six derniers jours et sa vie à Camorr. Si son père est bien mort, son héritage est plus vaste que ne l'avait dit Emilio. Peut-être l'ignorait-il alors – c'est possible, quoi que le limier ait toujours été au service des Messara et, à ce titre, bien informé de leurs intrigues et dénouements. Après avoir établi les rapports entre les différents membres de sa famille, Assad répète ce qu'il est advenu tour à tour de ses frères et sœurs, au mot près choisi par Haïm. De mort en mariage et de mariage en maladie, il n'omet que l'identité réelle de l'épouse de Charif. C'est sur ce dernier qu'il s'attarde le plus longuement. S'il se garde d'établir un sentiment distinct à propos de son frère, il expose ce qu'il prend pour ses motivations. Il en termine par la volonté de sa mère de séparer le palais familial en trois, faisant singulièrement grimper le montant qu'il était venu réclamer. « Ça prendrait du temps. » Il ne sait estimer. « Si je choisis de céder mon tiers à l'un ou à l'autre, il y aura des négociations, des accords. Et ça seulement si les gratte-papiers d'HaÏm peuvent prouver que j'ai des droits dessus. » Les yeux rivés à ceux de Chiara, Assad ne sait pas bien ce qu'il espère qu'elle réponde. Quels conseils pourrait-elle lui prodiguer ? Peut-être faut-il qu'elle sache seulement. Et encore, il est des choses qu'elle peut ignorer. Il lui dira plus tard qu'il est peut-être Don Messara. Pirate qu'elle est, elle ne voudra jamais entendre parler d'une possession qui vous lie à la terre.
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Message(#) Sujet: Re: Les maux dits. Mar 12 Juil - 13:30

L’inquiétude, dévorante, est dissimulée maladroitement derrière l’agacement et l’emportement. Chiara le sait, elle ne trompe personne et encore moins Assad, qui encaisse néanmoins les humeurs de son capitaine. Dans l’intimité de la cabine, le registre change immédiatement. Pour la forme, elle garde sa moue mécontente, mais chaque seconde de silence de la part d’Assad ne fait qu’accroitre l’instinct qui lui gueule que quelque chose s’est mal passé. Elle se retient du moindre commentaire sur l’absence de sa nièce et son neveu – ce même pressentiment lui susurre qu’elle en saura rapidement plus. Il dénigre le verre qu’elle lui offre et préfère le goulot de la bouteille. Alors Chiara hausse les épaules et avale les deux verres posés devant elle avant d’attraper une chaise pour s’assoir dessus, les coudes posés sur le dossier. Ses yeux dorés fixent son second tandis qu’il cherche le courage de commencer à parler en vidant pour moitié de cette excellente liqueur. Assad a bien de la chance d’être lui ; elle ne tolérait pas autant d’impunité de la part d’un autre. Mais puisqu’il est lui, elle consent à sacrifier sa bouteille pour alimenter le récit. Fébrile, elle patiente, ne sourit qu’à moitié quand il compare le vin de sa famille à ce qu’elle lui propose (eh quoi ! il imagine quoi, qu’elle cache de la piquette au plus profond de ses malles ?! elle en serait presque vexée, si la situation se prêtait un peu plus à ses effusions de caractère).

Religieusement, elle écoute le récit de son second et n’en garde que l’essentiel (puisqu’elle n’a manifestement rien compris au reste) : il n’a pas les thunes promises, il a tout un tas de frères et de sœurs, un héritage bloqué. C’est la merde, résumerait-elle. Ce qu’il ne dit pas, Chiara le devine habilement : il peut choisir ses mots avec soin quand il en vient à ce Charif, par exemple, épicentre de tous les malheurs de la maisonnée semble-t-il. Chiara connait parfaitement son second et peut deviner les véritables sentiments de celui-ci envers son cadet. Le corps parle beaucoup plus que les mots, et Assad ne peut véritablement pas dissimuler les reflets dans ses pupilles, sa bouche qui se tord ou le tic qui déforme un instant son visage. Du reste, il est en territoire allié : pas besoin de jouer à ces jeux idiots de cour où l’on doit dire l’opposé de ce que l’on pense pour se faire entendre sans jamais vexer personne. Et ils partagent leur quotidien depuis si longtemps, leur confiance en l’un et l’autre est si infinie qu’il ne reste en fin de compte presque rien qu’ils ne sachent pas de l’autre, que ce soit dans les paroles ou les silences, ils savent se trouver (et le plus souvent, c’est comme actuellement, avec de l’alcool pour alimenter l’un ou l’autre). Enfin, il se tait. Chiara jette un œil bouteille (un peu désappointé) à la bouteille, à présent presque vide, puis un autre à Assad. Longuement, elle le scrute en silence. Il semble épuisé, et elle mettrait sa main au feu que le trajet du retour n’est pas la seule cause. Non, c’est son esprit, qui est épuisé, de ce retour dans ce monde qu’il a fui et dans ce qu’il faut déjà préparer. Chiara n’est pas idiote, et si elle n’a pas tout à fait compris qui est la sœur mariée au frère ni l’ordre de succession, elle devine plus la précarité de la situation et le début des emmerdes.

« Franchement ? J’ai rien bité à tes histoires de famille. C’que je retiens, c’est que t’as pas l’oseille qu’t’a promis d’rapporter parce que là-bas, t’es mort et que c’est compliqué de donner d’la thune aux morts. Et t’as un frère qui fait chier et qui donne c’t’argent à une bonne femme en espérant le récupérer après… J’ai bon ? » Les yeux ancrés aux yeux, et malgré le ton qu’elle tente de rendre léger, Chiara exige l’honnêteté d’Assad. « Va falloir s’battre pour ton flouze et j’ai l’impression que c’est pas en débarquant avec l’Ausilia devant la maison d’ta mère que ça va se faire. Assad. Tu as besoin de quoi ? »

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Message(#) Sujet: Re: Les maux dits. Mer 13 Juil - 11:54

Un sourire se taillade tout un empire dans la bouche du pirate. Si le rictus vire triste, Assad ne peut s'empêcher de goûter le talent prononcé de Chiara pour ce qui est des résumés. Cette franchise lui a terriblement manqué. A mesure que les minutes filent les heures, un sentiment de sécurité s'affirme en lui. Il est à bord de l'Ausilia, lourde de tous les marins qu'il tient pour ses sœurs et ses frères, flanquée du meilleur capitaine-pirate qui soit, et stationnée aux portes d'une étendue interminable d'une putain d'eau iodée. Le plaisir d'être chez-soi niché au creux du ventre (à moins que cette chaleur ne soit que celle de l'alcool), Assad se détend en dépits de circonstances pénibles. « J'ai besoin de temps. » C'est le tiers de ce qu'il lui faudrait réclamer. En vérité, il n'a tout simplement pas pris de décision. S'il est revenu à Sirajan, c'est d'abord pour entretenir Chiara de ses avancées. C'est également pour le recul salvateur qu'il est impossible d'obtenir à Camorr. Constamment surveillé, il ne se souvient pas d'avoir eu une minute pour se pencher sur les états de son âme. La nuit elle-même était dépensée à d'autres choses, comme le moyen de survivre au lendemain. « J'arrive à peine à me souvenir de mon nom. » Un grognement de sale bestiole dégringole de ses lèvres et il se lève difficilement de son siège. « Je vais aller me saouler et tutoyer une des trois putes que compte ce bled. (Il s'étire la carcasse.) Je vais lui dormir entre les cuisses et, quand j'aurai fini, on reparlera de tout ça. D'accord ? » S'il demande son avis, il s'en passe tout à fait. Assad va pour fendre la cabine, avant quoi il penche sur elle. L'intention ouverte de l'enlacer, ou quelque signe d'affection du même genre, il lui pince un sein puis l'autre en éclatant de rire. « Ils ont rapetissé de pas être tripotés, je crois ! »

Quand il émerge de la cabane, c'est la fin de l'après-midi et un vent frais s'est levé sur la baie. Dans la chaleur montante que fait Menal à la région, ça fait soupirer d'aise le prodigieux. Certes pas reposé, mais néanmoins distrait et allégé, il gagne l'Ausilia et se hisse sur son pont. Merrick, un des gabiers, lui montre la proue avant même qu'il réclame de voir Chiara. Après son échappée, elle a du se montrer d'une humeur délicieuse... Tous les marins qu'il croise tirent une gueule pas croyable et, s'il est honnête (pour lui seul), Assad doit admettre qu'il s'en fiche. Ces derniers jours, il n'a fait que soigner les sentiments des autres. Pour l'heure, ils n'ont qu'à ruminer à ses dépens. Ça a autant d'importance que la concentration de sel dans l'eau de mer.
« Sacré cul. » Il pèse contre le bastingage, coude contre coude avec Chiara. « Pas le tien, il se fend d'un sourire canaille. Celui de... tiens, j'ai oublié. C'est vrai que ça fait pas beaucoup de filles, mais ça fait toujours trop de noms à retenir. » Poussant sur l'épaule de son capitaine avec l'espoir de la dérider, Assad se retourne et pose les avants-bras sur la rambarde. Le ressac bat la coque de l'Ausilia, et ce bruit est si familier, et si agréable, qu'il suffit à chasser toute la fatigue. Soudain et peu à peu, il sent comme sa nature le recouvrir, le pénétrer, aller et venir dans tout son sang. Il peine à croire qu'il a su s'absenter aussi longtemps. Quel genre d'abruti s'infligerait ça ? « J'ai réfléchi, dit-il après un moment qui a ravivé le sérieux sur sa face. Et je pense que ça vaut le coup de jeter l'ancre à Camorr. » Comme s'il allait essuyer une vague de protestation, il continue sans prendre plus d'une inspiration. « J'ai besoin de toi là-bas. Et on peut pas laisser l'équipage ici. » Pour plein de raisons. « Ils auront largement de quoi se distraire et oublier qu'ils préfèrent être en mer. » Ça ne leur donnerait que quelques semaines, tout au plus quelques mois. Si le plan exige d'être affiné, le doute dans sa voix interroge bien Chiara. « Quelle que soit ta décision, j'ai promis à Anahita et à Qassim d'être revenu d'ici après-demain. Et je doute que le palais de mon frère leur survive si je manque à ma parole... »
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Message(#) Sujet: Re: Les maux dits. Dim 17 Juil - 1:29

Le départ d’Assad laisse Chiara figée par la rage et la rancœur. Elle le déteste, quand il agit ainsi. Et Assad se comporte toujours de la même façon, livre ce qu’il veut d’informations et de détails avant de se barrer. Chiara s’exhorte au calme, mais c’est impossible, et si elle ne se rue pas à sa suite dans l’instant, c’est qu’elle sait que ce sera inutile de le faire parler plus qu’il n’en a déjà dit. Assad pense bien plus souvent avec son entre-jambe qu’avec ce qui lui sert d’esprit; si d’ordinaire Chiara s’en amuse, cette fois, l’humeur n’est pas à l’humour. Le geste est vif quand elle attrape la bouteille et engloutit le fond qu’Assad a bien voulu laisser. Ca n’apaise en rien sa colère, mais au moins, elle sait que d’ici quelques instants, elle pourra ronronner dans un état de semi-ébriété qui lui fera oublier à quel point elle déteste son second par moment. Quand elle remonte sur le pont, pourtant, l’air marin, le soleil et le bruit du ressac ravivent brutalement sa fureur. « SILA ! rage-t-elle. Le maître d’équipage rapplique dans l’instant. « Capitaine ? elle interroge, l’air de celle qui sait déjà ce qu’on va lui demander. » Sila navigue sur l’Ausilia depuis l’Infortune, connait aussi bien Chiara qu’Assad et leur relation. Elle a déjà fait de son mieux pour arrondir les angles auprès de l’équipage et anticipé la réaction du capitaine. D’ailleurs, cette dernière ne la déçoit pas (mais Chiara ne déçoit jamais quand il s’agit de deviner ses états d’âme et ses réactions) et quand elle a aperçu Assad quitter à nouveau le navire pour la direction du bordel, Sila a su. « Je veux ce putain navire pimpant ! Qu’il brille depuis ses putains cales jusqu’à sa putain vigie, que le putain de cordage et la putain voilure soient entièrement vérifiés et changés s’il le faut. Je veux du mouvement sur ce pont, de l’action, de la sueur. MAINTENANT. ET LE PREMIER QUI PROTESTE PASSE DESSUS BORD. JE-NE-SUIS-PAS-D’HUMEUR-A-ETRE-CONTRARIEE ! » Sila hoche la tête et se détourne sans cacher un léger sourire. Non, Chiara ne déçoit jamais, et c’est tout l’équipage qui s’en souviendra. Elle distribue ses ordres et s’attache à tuer les moindres protestations avant que Chiara ne décide d’embrocher elle-même le premier qui oserait râler trop fort.

Quand il revient, Chiara rumine toujours. L’alcool n’a pas eu l’effet escompté et sa mauvaise humeur est alimentée par une migraine persistante. Sur l’Ausilia, l’ambiance est maussade et on grogne au passage du second. Bien sûr, la rancune ne sera pas tenace. Chiara sait comment entretenir la loyauté de son équipage. Mais elle sait aussi qu’en restant encore trop longtemps trop près des côtes et bien loin de la mer, bientôt, on ne lui pardonnera plus rien ; et ni l’alcool ni les putes ne pourront être des excuses acceptables. Pour l’heure, elle profite du vent frais qui porte les effluves de l’océan – de tout ce qui lui manque cruellement, à elle aussi, depuis des jours – et qui apaise son mal de crane. Elle devine la présence d’Assad à ses côtés, mais fixe avec obstination l’horizon tandis qu’il tente l’humour pour la dérider. Tant pis pour lui, ça ne fonctionne pas. Chiara est toujours aussi furieuse, mais trop fatiguée pour hurler pour l’instant. Finalement, il se pose à ses côtés, et contemple, lui aussi, l’immensité de l’eau. Les paroles qui suivent ont l’effet radical de la dessoûler dans l’instant. Le capitaine tourne un visage qui hésite entre la stupeur et l’incrédulité. « Je te demande pardon ? Je crois que j’ai pas bien entendu. Tu veux quoi ? » A cet instant, l’amitié qui la relie à Assad est totalement oubliée et c’est le capitaine de l’Ausilia qui s’adresse à son second (capitaine, en réalité, mais l’instant présent se fout des paris idiots qu’elle perd quand elle a trop bu…). « Ca fait au moins TROIS PUTAINS DE JOURS QUE LES DOUZE FONT QU’ON DEVRAIT AVOIR FOUTU LE CAMP D’ICI, rugit-elle. Et tu veux JETER L’ANCRE A CAMORR ? » Furieuse, elle se dresse face à Assad, avance d’un pas. Ses doigts attrapent l’entrejambe qu’elle ne serre pas tout à fait assez fort pour provoquer la douleur, assez pour l’humiliation. « Arrête tes conneries, maintenant Assad, et crache le morceau, elle siffle avant de le libérer. Je sais pas pourquoi je me retiens de pas te jeter par-dessus bord. » Quand elle s’éloigne de quelques pas, c’est pour se laisser le temps de reprendre ses esprits. Sa respiration se fait profonde et régulière alors qu’elle se force à ravaler l’ire qui lui ravage les entrailles (à moins que ce soit son estomac qui proteste ou son foi ou bien les deux…).

Elle garde le silence un long moment. Finalement, ses yeux cherchent ceux d’Assad, qui se trouve toujours à quelques pas, et les rencontrent. « Je suis disposée à t’aider. Toujours. Quoi qu’il arrive. Mais je t’ai connu plus honnête envers moi. » C’est probablement ce qu’elle ne digère pas. Qu’il soit si secret. Elle ne lui dira pas, mais ça la blesse profondément. Plus qu’il ne faudrait, probablement. Peut-être que ces quelques jours passés dans cette ancienne vie ont ravivé quelque vieux mécanisme. « Je te repose la question : tu as besoin de quoi ? J’te préviens, si tu retournes aux putes, je t’arrache les couilles moi-même, ajoute-t-elle, son visage agrémenté d’un sourire qui cherche la paix. »

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Message(#) Sujet: Re: Les maux dits. Mer 7 Sep - 13:27

Comme l'atmosphère qui pèse sur l'Ausilia le laissait deviner, Chiara est d'une humeur épouvantable. Si c'est entièrement de son fait, Assad ne paraît pas coupable un seul instant. D'abord, il affiche un air parfaitement dégagé. Il sait son capitaine comme si elle était de son sang, et cette colère lui glisse sur la façade comme une bonne pluie loin en haute-mer. Puis il acquiert de la patience (un exercice contre lequel il s'est largement esquinté à Camorr et qu'il aimerait ne plus avoir à pratiquer une fois rentré parmi les siens), le temps qu'il faut pour qu'elle expire sa frustration et déverse une marée entière de sa bile. C'est ainsi qu'elle se libère l'esprit et le cœur – c'est ainsi que les pirates font. Le pire, c'est de savoir qu'une demi douzaine de véritables putains suffirait à chasser la sale rancoeur qu'elle tient et que son équipage partage. Du reste, Assad n'est pas dans de meilleures dispositions mais il lui semble plus pertinent de ne pas la provoquer plus avant : il se laisse attraper, empoigner, et la pulpe de ses lèvres se coince entre les mâchoires.  « Je savais que l'idée te plairait, il minaude, un air bravache pour oublier la douleur qui le tient plus bas. » Ce n'est pas tant cuisant que c'est humiliant, et il s'est assez laissé amputer de ses parties quand il arpentait Alcegrante. C'est avec soulagement qu'il la voit relâcher. Se détendre.

Certes pas se détendre, mais déjà renoncer à le castrer.

« T'as raison, il concède. J'ai pas été très honnête... » Au sourire pacificateur, il répond du même ton en installant ses reins sur la rambarde, douloureuse mais solide. Assad remarque à peine qu'il ment, ou plus exactement qu'il dissimule (de plus, il était sincèrement épuisé de son voyage, de son séjour et de la certitude de faire bientôt le trajet du retour). A Sirajan, il n'a aucune raison de se défier et d'agir avec tant d'artifice. Néanmoins, la haute société camorrienne semble avoir apposé sa marque sur lui. Elle l'a rattrapé. Elle l'étouffe. Et il la hait. Naturellement, il a toujours été menteur, canaille, voleur et profiteur. Chiara échappe cependant à ce traitement et il lui doit quelques excuses qui ne grimpent pas jusqu'à sa bouche. « C'est juste que je ne sais pas comment te le dire sans que tu m'arraches de toute façon les couilles. » Un sourire voudrait lui fendre le visage. Rien ne se passe. Ce n'est pas dans les cuisses de la catin qu'il a trouvé l'inspiration et puisqu'il n'y a pas déniché de repos non plus, il loge simplement son regard dans celui de son capitaine en espérant, profondément et sincèrement, que leur amitié suffira à son manque d'éloquence. « Comme je t'ai déjà dit, j'ai besoin de temps. À Camorr. » Il n'y a rien de plus vrai et c'est bien le plus facile. « Et j'ai aussi dit que j'ai besoin de toi. » Tous ces détours de nobliaux et toutes ces manières de pucelle le révulsent, et cela d'autant plus qu'ils lui appartiennent. C'est étrange que cinq jours seulement aient réussi à délaver son âme de prodigieux. En une semaine, il est demeuré à Camorr toute sa vie et n'a rien appris que cette mère infâme, secrète et exigeante. De remonter sur l'Ausilia, il réapprend qu'il a commis un autre choix parce qu'il était d'une autre nature. Aussi Assad opte-t-il pour la stratégie dont il est le plus capable : l'assaut franc et frontal. « C'est moi, Don Messara. » C'est la première fois qu'il le dit, et les mots s'imprègnent mal dans sa caboche. Ça paraît d'autant plus ridicule quand c'est lui qui le prononce. « Charif a le titre, il reprend précipitamment pour dissiper son trouble. Mais je suis l'aîné... et, finalement, je ne suis pas mort. » Cette fois, un rictus taille dans la bouche. Il est mauvais. Aigre. Dépourvu de joie. « Ça me donne droit à beaucoup plus que de l'argent... » En vérité, il est incapable de l'estimer et il n'a pas sérieusement questionné le sujet. « Ça me donne droit à plus que ce que j'aie jamais possédé, et aux trucs auxquels j'avais renoncés. »
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Divinité principale : Iono, sans l'ombre d'un doute.
Particularités : Capitaine de la [i]Grosse Ausilia[/i]; épouse officieuse d'Assad Messara
Dédoublement de personnalité : Norah Amino & Sohane
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Message(#) Sujet: Re: Les maux dits. Jeu 19 Jan - 2:11

Silencieuse, Chiara regarde son meilleur ami trouver les meilleurs mots, soutient son regard sans jamais détourner le sien. Elle le laisse à nouveau emprunter tous les méandres de la pensée qui le chante, elle sait qu’il parlera, à présent. Un bref sourire décore même ses lèvres à l’hypothèse qu’elle le châtre séance tenante. L’un et l’autre savent bien que ce sont des mots en l’air. Mais il la prévient, à sa façon, qu’elle risque de ne pas apprécier les révélations qu’il a à lui faire. Alors elle se redresse, se cale plus confortablement et attend, avec le peu de patience qu’elle s’invente. C’est tout ce qu’elle peut lui offrir pour l’instant. C’est trop peu et beaucoup à la fois. Il répète qu’il a besoin d’elle. Alors elle est là. Elle sera là. Elle l’a sûrement promis un jour, avec un verre de trop. Elle lui a promis souvent, le fil de son sabre pour lui sauver la vie. Lui aussi lui a souvent promis. Alors elle lui laisse le temps dont il a besoin et s’assoit le dos collé au bastingage. De la main, elle désigne la place à côté d’elle, pour qu’il la rejoigne à son tour.
La révélation est à la hauteur des manières qu’a pris Assad de longues secondes durant. Impossible de masquer sa surprise. Chiara ouvre la bouche, comme pour parler, mais pas un son pour interrompre Assad qui maintenant ne s’arrête plus de jacter. La capitaine s’applique pour comprendre, ravive les souvenirs des trucs qu’il lui a expliqué plus tôt, avant d’aller se vautrer dans le stupre (comme elle le comprend, maintenant…). Lentement, son esprit encore embué par l’alcool et la fatigue agence les informations pour traduire en un langage qu’elle comprend. « Hm ! » lance-t-elle pour seule réponse. A son tour, elle s’accorde le temps de la réflexion. Et pour meubler, elle pousse volontiers l’épaule d’Assad et tourne la tête vers lui. « Tu restes un connard. Un noble connard, mais un conard quand même. Monseigneur…, raille-t-elle finalement, un sourire canaille pour lui manger le visage.

« J’te préviens. J’veux ma part. Et d’autres trucs encore. Je sais pas quoi, mais quand j’aurais une demande, t’auras pas l’droit d’m’dire non. C’est quoi, l’plan ? ». Les réflexions de Chiara n’ont pas été longues : d’une part, sa migraine rend ardue toute tentative de concentration. D’autre part, et principalement, elle ne laissera jamais tomber Assad. Elle peut gueuler, se battre avec lui, il reste un frère. Son code d’honneur et sa loyauté en plus de ses sentiments lui dictent une droiture qu’Assad ne mérite probablement pas, mais qu’elle lui donne sans réserve. Elle n’en mérite pas plus. Mais Chiara le sait, si on lui annonçait qu’un jour elle est une princesse pirate, mais que des connards l’empêchent de récupérer son pognon, Assad ne ferait pas tant de manière pour lui accorder son aide. L’idée la fait ricaner sottement un instant avant qu’elle reprenne de son sérieux. « Attend, elle fait finalement. Toi, tu bouges pas. On lève l’ancre immédiatement. Tu m’expliques une fois en mer. »

Laborieusement, Chiara se relève et marmonne quelques jurons alors que le sang qui bat dans ses tempes ravive des douleurs pénibles. « ON SE RÉVEILLE BANDE DE MOULES. ON ME REMET CE RAFIOT A FLOT. ALLEZ BOUGEZ VOUS L’FION BANDE DE LOQUES. ASSEZ D’UNE SEMAINE A RIEN BRANLER AUT’ CHOSE QUE L’PEU QUI PEND ENT’ VOS JAMBES. ALORS ON SE MAGNE. » D’un coup, l’Ausilia s’anime tandis que Chiara vocifère sa poésie. Chacun des pirates grogne, plus pour le principe qu’autre chose. On va réveiller les gars du coin pour charger des vivres et les derniers qui osaient encore trainer au bordel semblent presque se dépêcher de remonter leurs frocs pour monter dans les voilures ou même nettoyer le pont (pourtant encore très propre...). Il faut peu de temps pour que l’Ausilia quitte le port, mais il fait nuit quand les lumières de la petite ville deviennent de faibles lueurs. Chiara continue de distribuer des ordres (dont la plupart consistent de gueuler à Assad de rester où il est s’il veut pas perdre des dents) et elle revient enfin, une bouteille à la main. Le vent léger agite ses cheveux. Chiara inspire, expire et éclate de rire. Le plaisir simple d’entendre l’eau claquer contre le bois du navire, les consignes et les chants des siens la ravie plus que tout. En même temps que l’Ausilia, Chiara reprend vie. Elle rejoint finalement Assad et s’assoit à nouveau lourdement au sol. Du bout d’un petit poignard, elle fait sauter le bouchon. « Alors ? ».

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One breath away from mother Oceania. Your nimble feet make prints in my sands you have done good for yourselves since you left my wet embrace and crawled ashore. Björk


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